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Cercle d’interaction | Filière de l’aluminium

Filière de l’aluminium

La filière de l’aluminium est un secteur stratégique et essentiel pour l’économie mondiale et du Québec en particulier. C’est une industrie complexe et importante dans de nombreux secteurs économiques, à travers la fourniture de matériau polyvalent et léger pour une grande variété d’applications. Elle englobe toutes les étapes de la production, de la transformation et de l’utilisation de l’aluminium, depuis l’extraction de la bauxite jusqu’à la fabrication de produits finis. Cette filière bénéficie d’un écosystème complet et d’un soutien gouvernemental important.

Importance de l’aluminium pour le Québec

L’industrie de l’aluminium est essentielle à la croissance durable de l’économie québécoise. Elle génère des retombées économiques importantes, particulièrement dans les régions, et représente un secteur stratégique pour le Québec. Grâce à l’hydroélectricité, le Québec produit l’aluminium le plus vert au monde, avec la plus faible empreinte carbone. Et l’aluminium figure parmi les principaux produits d’exportation du Québec, avec l’aéronautique.

Structure de la filière

La filière de l’aluminium au Québec compte des producteurs d’aluminium primaire de calibre mondial comme Alcoa, Rio Tinto Alcan et Alouette. Elle comprend également de nombreuses PME dynamiques, des équipementiers, des transformateurs et des organismes de l’industrie. Le Québec investit dans la recherche et le développement pour demeurer à la pointe de la technologie dans ce secteur.

Soutien gouvernemental

Le gouvernement du Québec a mis en place une stratégie québécoise de développement de l’aluminium 2021-2024 pour renforcer la compétitivité de l’industrie. Et différents programmes d’aide financière sont offerts, notamment pour soutenir l’innovation, l’exportation et le renforcement des PME de la filière.

  • Proulx, M., Brassard, D. & Bouchard-Tremblay, M. (2022). Structuration au Québec de l’industrie mondiale de l’aluminium en mouvement. Cahiers d’histoire de l’aluminium, 68, 6-25. https://doi.org/10.3917/cha.068.0006

Cet article examine l’industrie de l’aluminium au Québec, à travers la région de la « Vallée de l’aluminium ». Il commence par présenter les récents changements structurels survenus dans cette industrie mondiale en pleine expansion. La filière industrielle québécoise est décrite comme engagée dans divers domaines tels que l’énergie hydroélectrique, la production d’aluminium primaire, la recherche et évolution, la fabrication de produits finis, la prestation de services spécialisés et la conception d’équipements. Cependant, le passage de la transformation du métal est identifié comme étant confronté à des défis entravant sa maturité industrielle. L’analyse de la Vallée de l’aluminium met en évidence les initiatives régionales ayant pour objectif de stimuler les activités, mais qui n’ont pas encore réussi à surmonter cette barrière, malgré l’avantage énergétique mondial dont bénéficient les alumineries dans la région.

  • Mioche, P. 2018. L’industrie de l’aluminium dans la Première Guerre. In Fridenson, P., & Griset, P. (Eds.), L’industrie dans la Grande Guerre : Colloque des 15 et 16 novembre 2016. Paris : Institut de la gestion publique et du développement économique. doi :10.4000/books.igpde.4971

Durant la période de guerre, l’industrie de l’aluminium a joué un rôle crucial et a bénéficié d’une demande accrue. Toutefois, la question se pose de savoir si cette période peut être considérée comme un « âge d’or » pour l’aluminium en France, comme le suggèrent ceux qui mettent en avant les bénéfices réalisés par les entreprises. Il convient de noter que la structure de l’industrie de l’aluminium était déjà en place avant la guerre. Pendant le conflit, les fabricants d’aluminium ont répondu aux demandes, notamment en ce qui concerne les explosifs, et ont réalisé des profits significatifs. Cependant, cette réussite s’est accompagnée d’un déclin de la production d’aluminium en France et d’une diminution de son influence dans l’industrie mondiale. Les gains ont souvent été obtenus au prix de diversifications précipitées et parfois risquées au niveau des installations, entraînant des relations sociales tendues et une gestion environnementale négligente.

  • Emmanuel Hache, « L’aluminium dans la transition énergétique : quel avenir pour ce “métal roi du monde moderne” ? », Les métaux dans la transition énergétique, podcast IFP Énergie nouvelle, n° 6, 2021.

L’aluminium est l’élément métallique le plus abondant de la croûte terrestre après le silicium et le second métal le plus utilisé après le fer. Il est particulièrement apprécié pour sa malléabilité, sa résistance naturelle à la corrosion ainsi que son rapport légèreté/solidité. L’aluminium est devenu absolument incontournable dans nos sociétés modernes et on le retrouve dans de nombreux secteurs de l’économie, comme le transport, la construction, le secteur électrique ou le conditionnement.

  • Thiery Brault-Vattier, « Le prix de l’aluminium depuis 1886 », Cahiers d’histoire de l’aluminium, n° 58-59, 2017, p. 66-89.

Le procédé électrolytique mis au point par Paul Héroult a révolutionné l’industrie de l’aluminium en permettant une chute spectaculaire des coûts de production, favorisant ainsi l’essor de ce métal dans de nombreuses applications.

Baisse du prix de l’aluminium grâce au procédé électrolytique

Avant 1886, l’aluminium était produit par voie chimique à un prix très élevé, autour de 80 francs le kilogramme. Avec le procédé électrolytique breveté par Paul Héroult en 1886, le prix de revient a chuté à 15,60 francs le kilogramme dès 1890, entraînant l’arrêt de la production par voie chimique. Cette baisse spectaculaire des coûts a permis le développement massif de l’utilisation de l’aluminium dans de nombreux secteurs industriels.

Évolution des prix et de la production

Après la Première Guerre mondiale, les prix ont continué à baisser, passant de 2 000 francs la tonne en 1913 à 1 500 francs en 1918. La production mondiale d’aluminium a connu une forte croissance, passant de 5 000 tonnes en 1890 à 1 million de tonnes en 1939. Cette baisse des prix et cette hausse de la production ont été rendues possibles par les innovations technologiques et l’internationalisation de l’industrie de l’aluminium.

Forum régional

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  • Un texte sur l’enjeu de la filière aluminium produit par Tidjani Compaore, (MGO-UQAC) en fichier PDF: Cliquez ICI

Cercle d’interaction | Énergie renouvelable

L’enjeu de l’énergie renouvelable

Droits à l’autoproduction énergétique et tarifs préférentiels sur des lots de mégawatts ont très souvent été utilisés pour attirer des industries en régions. Un parfait exemple d’un tel « avantage attractif » s’avère illustré dans le secteur de l’aluminium au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Les papetières et minières ont aussi profité de conditions favorables offertes. Par son hospitalité, le gouvernement du Québec désirait soutenir l’industrialisation régionale. Des décollages économiques locaux ont ainsi permis l’occupation des territoires un peu partout en périphérie québécoise accessible. Les nombreux salaires versés à des ménages alimentaient les circuits économiques locaux. La qualité de vie était au rendez-vous. Au-delà des impulsions initiales cependant, les filières industrielles se sont peu développées en aval de la production de matières premières largement livrées à l’état brut. Aussi, d’importants volumes d’énergie produite en régions ne sont aucunement valorisés sur les lieux de production.

Or les gains techniques et technologiques des dernières décennies ont éliminé en régions un très grand nombre de postes de travail dans les secteurs traditionnels subventionnés par des tarifs avantageux en énergie renouvelable. Tandis que la production s’avère globalement à la hausse. Représentant 17% de la population du Québec en 1960, le ratio démographique global des six régions s’est affaissé à 10% en 2021. Il poursuit sa tendance pour atteindre 7% en 2050, soit le même niveau qu’en 1850 lors de l’amorce du grand élan du développement régional en périphérie du Québec.

À l’heure où de nouvelles productions régionales d’énergie renouvelable sont envisagées au Québec, par l’entremise de grandes et de petites exploitations dans l’éolien, l’hydroélectricité, la biomasse et bientôt le solaire, se pose plusieurs questions. Quels sont les enjeux technologiques de l’automatisation et de la numérisation ? Quels sont les besoins en matière de recherche et de formation ? Comment passer de l’ébriété à la sobriété énergétique en régions ? Quels sont les moyens incitatifs et coercitifs disponibles pour généraliser et accélérer la transition énergétique ? Comment optimiser le mix énergétique de chaque territoire en considérant notamment l’intermittence, la stabilité, le stockage ? Quels sont les avenues pour valoriser en régions les nouvelles productions régionales d’énergie renouvelable ?

Forum régional

Cercle d’interaction | Accessibilité des services de proximité

L’enjeu de l’accessibilité des services de proximité

Le maintien des services de proximité s’est imposé comme une problématique importante pour assurer la vitalité et le développement des communautés rurales dans plusieurs régions québécoises, particulièrement au Saguenay-Lac-Saint-Jean. En effet, depuis quelques années on observe de plus en plus de communautés qui peinent à assurer le maintien des services de base comme l’épicerie, le poste d’essence, le dépanneur, mais aussi les services dans les domaines de la santé et des services sociaux.

La question du maintien des services de proximité concerne non seulement les villages dévitalisés qui perdent leurs services, mais aussi les villages ayant une grande vitalité économique et sociale, mais en lente diminution de services.

Ce Cercle d’interaction portera sur le diagnostic concernant l’accessibilité des services de proximité dans les communautés rurales au Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi que sur les pistes de solutions pour favoriser leur pérennité. Quelles sont les répercussions de la réduction de ces services sur la vitalité des communautés ? Quelles sont les menaces qui pointent à l’horizon ? Quelles sont les perspectives concernant les regroupements ? Quelles sont les autres options en matière de solutions ? Les acteurs des milieux peuvent-ils jouer un rôle supplémentaire que celui joué actuellement ?

Suzanne Tremblay, Professeure UQAC, GRIR, CRDT, CRISES

 

Cercle d’interaction | Revitalisation des territoires

Introduction

La revitalisation des territoires est l’ensemble des mesures qui visent à redynamiser les espaces urbains et ruraux, à favoriser l’attractivité et à lutter contre la dévitalisation des centres-villes. Le gouvernement du Québec a lancé le programme Développement économique pour l’aide à la redynamisation des territoires (DÉPART), doté d’une enveloppe de 75 millions de dollars pour
revitaliser les territoires. Cette initiative vise à soutenir la revitalisation des centres-villes et des territoires en difficulté à travers des actions de rénovation du parc de logements, de locaux commerciaux et artisanaux, ainsi que la requalification d’ensemble d’un espace déjà urbanisé pour améliorer son attractivité.

L’opération de revitalisation du territoire (ORT) est un outil majeur pour la revitalisation des territoires, visant à mettre en oeuvre un projet urbain, économique et social afin d’en améliorer l’attractivité et de lutter contre la vacance des logements, la réhabilitation des friches urbaines et la valorisation du patrimoine bâti.

  • Tremblay, S. & Tremblay, P.-A. (2012). Défis et enjeux de la revitalisation intégrée dans les villes moyennes: le cas des arrondissements de Chicoutimi, Jonquière et Alma. Cahiers de géographie du Québec, 56(157), 207–224. https://doi.org/10.7202/1012219ar

L’article présente les difficultés de mobilisation des groupes communautaires liées à la revitalisation intégrée des centres urbains de villes moyennes, afin de relever l’émergence de nouvelles initiatives de revitalisation, notamment dans le centre-ville de l’arrondissement de Chicoutimi. Il s’agit donc d’une analyse des défis auxquels sont confrontés les groupes communautaires dans ce contexte, ainsi que des nouvelles expériences de revitalisation intégrée qui se développent à la suite de celles mises en oeuvre dans d’autres villes moyennes du Québec.

  • Bélanger, H. & Lapointe, D. (2021). Revitalisation et « bulles touristiques » : une gentrification instantanée par la touristification du quotidien? Recherches sociographiques, 62(1), 149–173. https://doi.org/10.7202/1082616ar

Les programmes de revitalisation des quartiers centraux montréalais mettent en scène une forme d’authenticité artificielle et sécurisent les quartiers pour offrir une expérience. Nos travaux ont mis en lumière un nouveau phénomène dans le Quartier des spectacles : en plus de la commercialisation des logements, on observe une « hypercommercialisation de la vie urbaine » visant les résidents potentiels comme s’ils étaient des touristes dans leur propre vie. L’analyse des discours promotionnels de nouveaux développements immobiliers montre que l’aspect touristique s’étend aux espaces quotidiens de l’habitat.

La thèse explore l’impact des groupes non institutionnels sur la revitalisation du centre urbain de Chicoutimi, confronté à une dégradation depuis les années 1970. Elle évalue le rôle des groupes communautaires locaux dans la promotion d’un nouveau modèle de développement, remettant en question leur potentiel en tant qu’agents de changement alternatif, à la fois localement et en marge des institutions internationales. En s’appuyant sur les théories du développement critique et de l’après-développement, elle analyse comment ces groupes interviennent dans la lutte contre la dégradation urbaine, en examinant l’évolution de quatre d’entre eux depuis les années 1960. Cette recherche s’inscrit dans les débats sur la redéfinition du développement, proposant une contribution empirique à la compréhension des dynamiques communautaires et à l’histoire du mouvement communautaire régional.

Cercle d’interaction | Priorités régionales

Les priorités régionales

Après les exercices visionnaires de planification globale effectués dans le passé ainsi que de planification interactive réalisée au cours des années 1980, les régions du Québec utilisent désormais des procédures de planification stratégique qui varient considérablement d’une génération à l’autre.

L’analyse des résultats détaillés du dernier exercice effectué en 2017 révèle un dynamisme municipal considérable et réussi à l’échelle régionale. Au sein des 144 priorités régionales ciblées par les régions métropolitaines, centrales et périphériques, nous avons tiré 548 éléments distincts classifiés en 35 composantes. La superficie et la taille de la population des régions n’influencent pas le nombre variable des priorités dont la moyenne est de 8 par régions. La cohérence globale de la planification représente la priorité la plus affirmée par les stratèges. A contrario, les secteurs de la santé, des transports et de l’économie semblent peu prioritaires dans cette planification régionale. Considérant son importance en 2017, l’environnement naturel est aussi relativement négligé par cet exercice.

Notons aussi que le tourisme, la main d’œuvre et l’innovation dominent les mentions dans la formulation des priorités. Les technologies numériques sont mentionnées moins fortement, mais dans toutes les régions. La mobilité est une priorité bien ciblée en régions métropolitaines. Tandis que l’éducation-formation est fortement mentionnée au sein des régions périphériques.

Actuellement, le gouvernement du Québec exige le renouvellement des priorités régionales pour son exercice d’orientation de l’allocation des fonds publics dédiés. Les stratèges ont-ils les moyens nécessaires pour cette mission régionale ? Quelles procédures seront-t-elle utilisées pour générer de la cohérence régionale globale ? Bénéficient-ils de diagnostics régionaux appropriés pour la réflexion stratégique ? Quelles sont les méthodes disponibles pour engager les divers acteurs de la santé, de l’économie, de la culture, de l’environnement ? Comment faire émerger des initiatives novatrices pour concrétiser les priorités régionales ?

Forum régional

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Cercle d’interaction | Polarisation en périphérie

Introduction

Parler de la polarisation en périphérie revient à traiter la manière dont elle se manifeste dans des régions éloignées, examinant les mécanismes spécifiques qui contribuent à cette polarisation et les conséquences sur le développement économique, social, ou politique de ces zones. L’analyse permet également d’explorer les interactions complexes entre le centre et la périphérie, mettant en
lumière les dynamiques de pouvoir et les implications pour la cohésion sociale et territoriale.

  • De Lima, J. F. (2016). Pôles, polarisation et la diffusion du développement régional: notes de recherches. Revue Organisations & territoires, 25(2), 75-80.

Les mouvements de décentralisation ou de dispersion (décentrage) et recentralisation ou de concentration (recentrage) accrue d’activités économiques dans l’espace économique renvoient à l’étude de la diffusion spatiale du développement économique au sein des régions. Bien que la science régionale soit récente, certaines recherches tentent de comprendre la nature de l’espace, les composantes du changement spatial et leurs impacts sur la localisation des secteurs économiques entre les régions. Pour appréhender la nature des changements spatiaux, il est essentiel de ne pas sous-estimer la réalité historique de la structuration des pôles. En effet, la localisation et les caractéristiques internes des pôles marquent les disparités géoéconomiques, façonnant ainsi les formes que le développement économique prendra spatialement.

Le texte présente l’émergence et l’élaboration d’une théorie économique de la croissance et du développement depuis l’après-guerre. Cette théorie, développée par des économistes, se caractérise par l’utilisation de concepts définis en termes économiques. L’auteur reconnaît cependant que des études sociologiques, géographiques, psychologiques ou d’autres natures peuvent contribuer à la compréhension des phénomènes économiques, pour ainsi renforcer les relations complexes entre l’économique et le non-économique. L’auteur se concentre sur les interactions inévitables entre l’économique et le géographique, en mettant en exergue l’influence variable des conditions non-économiques sur les phénomènes économiques.

La recherche présentée dans l’étude explore spécifiquement la dimension géographique de la théorie économique de la polarisation et examine les liens inévitables entre cette théorie économique et la théorie géographique. L’intention de l’auteur est d’analyser les aspects géographiques de la théorie économique de la polarisation et d’explorer les relations complexes entre l’économique et le géographique. En résumé, l’article se concentre sur la recherche des liens entre la théorie économique de la polarisation, ses aspects géographiques, et les relations inévitables entre l’économique et le géographique. L’auteur propose d’ancrer ses considérations théoriques dans des exemples concrets issus d’études géographiques ou économiques pour illustrer et appuyer les concepts discutés.

  • Proulx, M. U. (2020). Les pôles dans leur espace périphérique. Revue Organisations & Territoires, 29(1), 27-32.

Cet article permet de comprendre et analyser la complexité de la ruralité québécoise qui requiert une observation attentive. De plus, une approche géoéconomique globale fournit des perspectives éclairantes pour expliquer certains phénomènes, notamment la présence de pôles hiérarchisés au sein d’un espace dynamique, caractérisé par des tendances telles que l’attraction, la concentration, l’érosion, la rétention, la répulsion, la pénétration et la diffusion.

 

Cercle d’interaction | Nouvelle solidarité

Introduction

Le concept de « nouvelle solidarité » englobe divers aspects de la solidarité et du soutien social. Il peut se manifester à travers l’émergence de nouvelles formes de solidarité alimentaire, les changements démographiques et la solidarité entre générations, ainsi que par le biais d’initiatives visant à promouvoir la coopération et l’inclusion sociale. Par exemple, le « Programme de solidarité sociale » au Québec fournit une assistance financière aux personnes à faible revenu pour favoriser leur intégration et leur participation à la société. De plus, des organisations telles que « Nouvelle Solidarité Universelle » s’engagent à promouvoir la coopération dans les domaines de l’éducation et de l’inclusion sociale.

De même, la « nouvelle solidarité » fait référence à un concept qui émerge dans le cadre des changements sociaux, économiques et politiques. Elle représente une évolution ou une réinvention des formes traditionnelles de solidarité pour répondre aux défis contemporains. La nouvelle solidarité porte quelques aspects clés tels que :

Solidarité inclusive et responsabilité collective

La nouvelle solidarité vise à être inclusive, englobant une diversité de personnes, de groupes et de communautés, y compris ceux qui sont marginalisés ou vulnérables. Cela peut inclure la solidarité intergénérationnelle, interculturelle et intersectorielle. Elle met l’accent sur la responsabilité collective en reconnaissant que les problèmes sociaux et économiques ne peuvent pas être résolus uniquement par des actions individuelles, mais nécessitent une action collective de la part de la société dans son ensemble.

Collaboration et partenariat

La nouvelle solidarité encourage la collaboration entre les différents acteurs de la société, y compris les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les entreprises, les communautés locales et les individus. Les partenariats sont souvent considérés comme essentiels pour créer un impact durable.

Innovation sociale et renforcement des capacités

Elle favorise l’innovation sociale en encourageant de nouvelles approches, initiatives et solutions pour aborder les problèmes sociaux et environnementaux. Cela peut inclure l’utilisation de technologies, de modèles économiques alternatifs et de pratiques communautaires novatrices. La nouvelle solidarité cherche à renforcer les capacités des individus et des communautés à s’entraider, à se soutenir mutuellement et à résoudre leurs propres problèmes de manière autonome, plutôt que de dépendre uniquement de l’aide extérieure.

Justice sociale et durabilité

Elle promeut la justice sociale en reconnaissant et en luttant contre les inégalités, les discriminations et les injustices systémiques qui persistent dans la société. La nouvelle solidarité intègre souvent des considérations de durabilité, en reconnaissant l’importance de préserver les ressources naturelles et de promouvoir un développement équitable et respectueux de l’environnement pour les générations futures.

La nouvelle solidarité appelle à une réflexion sur la manière dont ces services pourraient contribuer à la fois à renforcer les liens sociaux et à générer des opportunités d’emploi. Parce qu’il est nécessaire de concilier la recherche de nouvelles solidarités concrètes et la création d’emplois dans un contexte de retrait civique et de chômage. De même il est important d’évaluer les services de proximité mis en place dans divers pays européens pour déterminer s’ils ne sont qu’une partie marginale de l’économie ou une solution potentielle parmi d’autres.

  • Charest A., (mai,2012). L’émergence d’une nouvelle solidarité, Le mouton noir Journal indépendant plus mordant que le loup. L’émergence d’une nouvelle solidarité | Journal le Mouton Noir

Le texte invite à repenser les perceptions traditionnelles des jeunes et à reconnaître l’émergence d’une forme de solidarité inattendue et inspirante au sein de cette génération. Car il met en lumière la perception traditionnelle des jeunes en tant qu’individualistes accrochés à la culture de masse et peu enclins à la solidarité. Cependant, il précise également comment cette génération a surpris en se mobilisant pour des causes collectives, remettant en question les stéréotypes qui leur sont associés. En plus, il met en exergue le rôle de l’éducation et du système social dans le développement de cette solidarité, suggérant que les jeunes ont été encouragés à travailler en équipe et à collaborer, malgré les préoccupations initiales concernant leur prétendu individualisme.

Cercle d’interaction | Médiation et créativité

Introduction

La médiation et la créativité sont deux concepts qui peuvent être étroitement liés lorsqu’il s’agit de résoudre des conflits ou de faciliter des processus de négociation. Mais l’intégration de la créativité dans la pratique de la médiation peut enrichir le processus de résolution de conflit en permettant aux parties d’explorer des solutions novatrices et de trouver des issues satisfaisantes à leurs différends. La médiation créative offre un cadre flexible et ouvert qui favorise l’expression de la diversité des perspectives et des besoins, ce qui peut conduire à des résultats plus durables et harmonieux.

La médiation et la créativité sont deux concepts interconnectés dans le contexte de la résolution de conflits. La médiation, en tant que processus de résolution des différends, implique l’intervention d’un tiers neutre, le médiateur, pour faciliter la communication et la négociation entre les parties en conflit. D’un autre côté, la créativité fait référence à la capacité de penser de manière innovante, d’explorer des idées nouvelles et de trouver des solutions originales.

Médiation comme processus de résolution de conflits :

La médiation vise à favoriser un dialogue constructif entre les parties en conflit, à identifier les intérêts sous-jacents et à élaborer des solutions mutuellement acceptables. Cependant, la dynamique du conflit peut parfois entraver ce processus, limitant la créativité nécessaire pour trouver des solutions innovantes.

Rôle de la créativité dans la médiation :

La créativité devient cruciale dans la médiation pour surmonter les obstacles et les impasses. Elle implique la recherche d’options originales et la capacité d’aborder le conflit d’une manière différente. Les approches créatives permettent aux parties de sortir des schémas habituels de pensée et d’explorer des solutions qui pourraient ne pas être évidentes au départ.

Préconisation d’une pensée créative en amont :

L’idée de développer une pensée créative avant même le début du processus de médiation suggère qu’il est bénéfique d’encourager l’innovation dès le début de la gestion des conflits. Cela peut impliquer d’adopter une mentalité proactive, d’explorer des options avant que le conflit ne s’intensifie et d’engager les parties dans des processus créatifs de résolution.

Engagement de toutes les parties :

L’approche créative implique l’engagement actif des parties en médiation et du médiateur dans la recherche de solutions novatrices. Cela peut inclure des exercices de brainstorming, l’exploration d’options alternatives, et la remise en question des présupposés afin de stimuler la créativité et favoriser des résultats plus durables.

En conclusion, l’intégration de la créativité dans la médiation offre un potentiel significatif pour surmonter les défis et aboutir à des solutions plus complètes et durables. La réflexion précoce sur une pensée créative peut transformer la manière dont les parties abordent le conflit et ouvrir la voie à des résolutions innovantes.

La créativité est fréquemment associée à la recherche d’options dans la phase de médiation. Cependant, l’ampleur du conflit peut sérieusement limiter cette créativité. L’auteur suggère d’explorer une pensée créative qui émerge préalablement au processus de médiation, englobant à la fois les parties en médiation et le médiateur.

La médiation est un processus créatif qui permet aux parties de sortir des sentiers battus, de discuter des problèmes sous-jacents et de personnaliser une résolution créative. Les outils de créativité peuvent se révéler étonnamment efficaces pour dénouer des situations difficiles en médiation. Pour être opérant, l’espace de médiation doit être à la fois structuré et ouvert à la créativité.

Cercle d’interaction | Innovation institutionnelle territoriale

Introduction

L’innovation institutionnelle territoriale est la création de nouvelles pratiques, structures ou processus au niveau local ou régional, impliquant des acteurs institutionnels tels que les gouvernements locaux, les agences publiques et les organisations non gouvernementales. Cette forme d’innovation est ancrée dans les spécificités et les dynamiques propres à un territoire donné. Elle peut résulter de la collaboration entre diverses entités pour répondre à des besoins locaux ou pour relever des défis particuliers. L’innovation territoriale peut revêtir des aspects sociaux, économiques, ou organisationnels, et elle est souvent étudiée dans le cadre de la gouvernance locale et du développement régional

Les travaux de recherche et les publications académiques abordent l’innovation institutionnelle territoriale sous différents angles, mettant en exergue son lien avec la proximité géographique, la gouvernance, les dynamiques collectives, et les spécificités locales. Ils soulignent également l’importance de prendre en compte le territoire comme une construction dynamique dans le processus d’innovation.

  • Richez-Battesti, N. (2008). Innovations sociales et dynamiques territoriales. Une approche par la proximité: (L’expérience des banques coopératives). Marché et organisations, 7, 36-51. https://doi.org/10.3917/maorg.007.0036

L’approfondissement de la mondialisation peut sembler éloigner l’attention des rapports entre innovations sociales et territoires. Cependant, la transition vers un capitalisme cognitif met en évidence de nouveaux paradigmes technologiques accordant une place à l’innovation sociale. Bien que le terme « invention sociale » ait été privilégié dans les années 70, l’attention s’est davantage portée sur la distinction entre innovation organisationnelle et institutionnelle jusqu’aux années 2000. L’innovation sociale, promue par l’OCDE, est liée à des initiatives répondant à des attentes sociales et s’inscrit dans des dynamiques collectives. Cette perspective s’inscrit dans une approche néo-institutionnaliste de l’innovation. Enfin, l’analyse empirique des banques coopératives illustre comment ces organisations favorisent les innovations sociales sur un marché en transformation, mettant en évidence l’impact du contexte organisationnel sur ces innovations. Les travaux s’efforcent de caractériser les liens entre innovations sociales, territoires et proximité pour mieux définir l’innovation sociale, en mettant en avant l’importance des dynamiques territoriales et des réseaux.

Les travaux soulignent l’émergence du concept d’innovation territoriale, englobant divers types d’innovation (technologique, institutionnelle, sociale ou organisationnelle) sur un territoire donné. Ils mettent en avant le rôle des acteurs locaux, la gouvernance et les spécificités locales dans ce processus. L’innovation territoriale est donc étroitement liée aux caractéristiques et aux dynamiques propres à un territoire donné. Cette approche permet de mieux appréhender l’innovation sociale et son lien avec le territoire, en mettant en lumière l’importance de la proximité géographique et des dynamiques collectives dans le développement des innovations sociales.

En résumé, l’approfondissement de la mondialisation ne doit pas occulter l’importance des liens entre innovations sociales et territoires. Au contraire, l’émergence de nouveaux paradigmes technologiques met en lumière le rôle crucial de l’innovation sociale, qui s’inscrit dans des dynamiques collectives et est étroitement liée aux spécificités territoriales. Cette perspective néo-institutionnaliste de l’innovation met en avant l’impact du contexte territorial sur le développement des innovations sociales, comme illustré par l’analyse empirique des banques coopératives

La pandémie actuelle a rendu notre environnement encore plus complexe, volatile, ambiguë et incertain. Dans ce contexte, les municipalités et les collectivités doivent aborder de façon différente leurs enjeux économiques, sociaux et environnementaux, pour trouver des solutions structurantes et (re)dynamiser les territoires. Comment les municipalités, en collaboration avec leur communauté, peuvent-elles assurer un leadership dans cette transformation territoriale?

Cercle d’interaction | Habiter le territoire

L’enjeu d’habiter le territoire

Depuis plusieurs années, les défis liés à l’habitation au sein des territoires du Québec deviennent de plus en plus préoccupants. La situation est d’autant plus inquiétante et cruciale puisqu’elle ne peut laisser personne en marge. Pas une semaine ne passe sans que les médias locaux ou nationaux témoignent des problèmes que cause la pénurie de logements ou alors de la vétusté du parc immobilier locatif. Le gouvernement du Québec ne reste pas insensible à cette crise du logement. Il a décidé récemment d’allouer plus de 1 milliard de dollars à l’habitation dans son budget 2023-2024.

Dans une étude récente commandée par l’organisme Place aux jeunes en région PAJR (2024), on dénote que le déficit de logement intensifie la pénurie de main d’œuvre et entraîne un retard dans le développement économique régional. L’analyse illustre que les régions du Québec sont rendues orphelines de travailleurs car les jeunes professionnels sont contraints à surseoir à leur migration en régions par manque de logement.

Pour autant, habiter le territoire n’est pas seulement lié à la question de la disponibilité de logements. Le phénomène interroge aussi les diverses façons traditionnelles ou nouvelles d’habiter le territoire individuellement, en famille, en collectif, etc. Il nous ramène ainsi à d’autres dimensions telles que la mixité sociale, le transport, les services de proximité, la vie communautaire et autres relations quotidiennes au territoire. Habiter le territoire interpelle en outre notre rapport aux multiples crises systémiques, notamment celles reliées au climat et à l’énergie.

Au regard de la pluralité des enjeux, il apparaît impératif de discuter autour de la question de l’habitation afin d’apporter une contribution tant individuelle que collective pour évaluer, diagnostiquer et proposer des réponses à cet enjeu majeur qu’est l’habitation du territoire.

Sabrina Tremblay, Professeure, UQAC, OTERAUD, GRIR, CRDT, CRISES